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Private%20Banking vom 25.05.2012
Patrick Oberli, 4355 signes
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Sur la piste des fonds libyens en Suisse
 
Inside.Co, société d’intelligence économique genevoise, s’est vu confier la mission de rechercher les fonds cachés par le clan Kadhafi en Suisse. Un mandat unique et compliqué.
 
Les vagues du Printemps arabe sont encore bien hautes et s’écrasent
partout dans le monde. Fin avril, l’ancien ministre du Pétrole de
Muhammar Kadhafi a été retrouvé noyé dans le Danube, à Vienne, ville
où il avait trouvé refuge. Quasi simultanément, la RTS a annoncé
l’arrestation, en Suisse, d’un homme d’affaires canado-tunisien, proche
de la famille Kadhafi. Et la succession des découvertes va probablement
encore s’accélérer dans les mois et les années qui viennent.

En toile de fond de cette agitation: la recherche des fortunes des ex-
dictateurs et de leurs proches, cachées avec habileté tout autour de la
planète, en particulier de celles de l’ex-dictateur libyen. Sociétés-écrans,
comptes numérotés dans les paradis fiscaux, trusts, hommes de
paille... tout l’arsenal du dissimulateur avisé a été utilisé, rendant les
recherches quasiment impossibles. Néanmoins, certains se sont lancés
dans l’aventure, mais sans garantie de succès. Ainsi en est-il de Nicolas
Giannakopoulos, spécialiste de la sécurité et du crime organisé à
Genève. Sa société Inside.Co, avec quelques partenaires dont
l’enquêteur Antonino Mannisi, a reçu le mandat de débusquer les
éventuels fonds libyens appartenant au cercle de l’ancien régime placé
en Suisse. Une mission très complexe et sans garantie.

Comment avez-vous commencé cette recherche?

Nous avons reçu un mandat exclusif de recherches pour la Suisse.

Qui vous a attribué ce mandat ?

Une société franco-tunisienne (ndlr: la société en question ne souhaite
pas être mentionnée) nous a approchés. Elle-même a reçu ce mandat
directement du Conseil national de transition (CNT) libyen, le
gouvernement actuellement en place. C’est l’unique mandat actif pour la
Suisse et il porte exclusivement sur la Suisse. Nous sommes donc un
petit intermédiaire.

En quoi consiste ce travail ?

Nous sommes en quelque sorte un bureau «d’écoute». Les personnes
qui ont des informations nous approchent et nous les écoutons.

Pourquoi bureau «d’écoute» ?

Parce que les gens qui viennent nous voir veulent souvent obtenir
quelque chose en échange de leur participation.

Comment êtes-vous rémunéré ?

Nous le serons en fonction de ce que nous trouvons, donc en fonction
des résultats. Nous prenons un grand risque, parce que nous engageons
des moyens et du temps sans savoir si nous pourrons couvrir nos
dépenses.

Quelles sont les plus grandes difficultés ?

Je dirais que c’est la situation dans le pays en lui-même,
particulièrement instable. C’est une situation de guerre civile, avec par-
dessus les intérêts des puissances pétrolières. Tout est très complexe.
D’une manière générale, tout le Maghreb est déstabilisé.

Vous occupez-vous également de rechercher des fonds tunisiens ?


Non, même si tout est lié. Notre mandat est bien précis et ne concerne
que les fonds libyens en Suisse.

Revenons à votre travail. Que faites-vous concrètement quand vous
avez une information ?


Nous devons savoir précisément qui nous avons en face de nous.
Connaître sa situation exacte, sans jugement de notre part. C’est un
gros travail et très compliqué. Vérifier qui est un individu implique de
connaître toute sa famille. De savoir aussi si tous les membres de celle-
ci sont d’accord entre eux ou s’ils sont en conflit. Un exemple simple:
pour obtenir ces renseignements, il s’agit parfois d’enquêter dans le
pays lui-même. Mais l’on se heurte vite au problème de la langue.
Certains chefs de clan ne parlent que leur dialecte. Franchement, c’est
la pire situation que j’ai jamais connue.

Pouvez-vous estimer l’ampleur des sommes recherchées ?

Je n’en ai absolument aucune idée. Dans ce domaine, il y a tellement de
légendes qui circulent… Il y a cependant énormément d’éléments à
chercher. Malheureusement, nous n’en connaissons pas la forme.

Où se concentrent vos recherches ?

Dans les zones urbaines, essentiellement. Ce sont les meilleurs
endroits pour passer inaperçus. Et c’est là également que se
concentrent les activités financières...


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